Automobile: Renault et Fiat Chrysler veulent former un géant mondial

0
213

A eux deux, ils formeraient un nouveau géant mondial de l’automobile: le français Renault et l’italo-américain Fiat Chrysler s’apprêtent à annoncer lundi 27 mai un projet d’alliance, selon trois sources proches du dossier interrogées par l’AFP.

Un communiqué devrait être publié pour dire que “sera étudiée la possibilité d’un rapprochement entre les deux groupes”, a dit dimanche 26 mai une de ces sources, sous couvert d’anonymat, soulignant que l’objectif à terme serait d’aboutir à “une fusion”.

“Une annonce se prépare pour les prochaines heures, peut-être demain (lundi) matin avant l’ouverture de la Bourse”, a ajouté cette source.

Renault et Fiat Chrysler discutent d’un rapprochement capitalistique et s’apprêtent à faire une communication demain matin”, a confirmé une deuxième source proche des discussions.

Selon une troisième source, l’annonce imminente serait l’aboutissement de “discussions qui avaient déjà commencé sous Carlos Ghosn”, l’ancien patron emblématique du constructeur français, mis en examen au Japon pour des malversations financières.

Crise entre Renault et Nissan

Son arrestation fin novembre à Tokyo a ouvert une crise entre Renault et son allié japonais Nissan (qui contrôle Mitsubishi Motors), à l’origine des révélations qui ont déclenché l’enquête.

Les relations risquent de se détériorer encore à la suite de l’annonce des pourparlers avec Fiat Chrysler.

“La question désormais est : quelle va être la réaction des Japonais?”, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier, qui dit craindre qu’ils ne soient “furieux”. Selon une autre source, “Nissan n’a pas été impliqué dans ce dossier”.

Contacté par l’AFP, Renault et Nissan ont refusé de commenter ces informations.

Un rapprochement entre Renault et Fiat Chrysler créerait un ensemble de près de 16 millions de véhicules, qui distancerait largement ses rivaux.

L’alliance existante entre Renault, Nissan et Mitsubishi affiche 10,76 millions de véhicules vendus en 2018, devançant le mastondonte allemand, Volkswagen (10,6 millions d’euros), ainsi que Toyota (10,59 millions).

Une alliance franco-italo-américaine changerait aussi profondément le rapport de forces au sein de l’attelage Renault-Nissan-Mitsubishi, en renforçant la partie française.

Renault a poussé ces dernières semaines pour une alliance renforcée avec Nissan, via la création d’une holding à 50-50 qui détiendrait les deux entreprises. Les Japonais ont refusé catégoriquement ce plan, estimant qu’il ne tenait pas compte de leur poids supérieur à celui de Renault.

Dans le détail, Renault (avec Dacia, Lada, Samsung, Alpine) a vendu l’an dernier 3,9 millions de véhicules, Nissan 5,65 millions et Mitsubishi Motors 1,22.

Fiat Chrysler, qui compte 13 marques (dont Jeep, Alfa Romeo, Dodge, Ram…), a écoulé 4,8 millions de véhicules en 2018.

Fiat Chrysler (FCA), qui est en grande difficulté en Europe, est depuis plusieurs semaines au centre de rumeurs de rapprochements.

Complémentarités

Le groupe italo-américain avait assuré début mai qu’il était prêt à avoir un “rôle actif” dans la consolidation du secteur automobile.

“Je crois honnêtement que dans les deux à trois prochaines années, il y aura de réelles opportunités” en termes d’alliances et de partenariats dans le secteur automobile et “FCA jouera un rôle actif et constructif” dans ce mouvement de consolidation, avait déclaré le patron Mike Manley le 3 mai à Milan.

Début mars, le groupe français PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) avait également manifesté son intérêt pour FCA.

Les constructeurs cherchent à joindre leurs forces pour réaliser les investissements colossaux rendus nécessaires par les évolutions technologiques dans l’automobile : électrification, conduite autonome, véhicules connectés…

Ils affrontent par ailleurs une conjoncture mondiale difficile avec notamment un retournement du marché chinois.

FCA et Renault, qui fabriquent tous deux des voitures populaires, auraient la possibilité de partager de nombreux éléments techniques.

Renault apporterait notamment son savoir-faire dans les véhicules électriques, un domaine dans lequel le groupe italo-américain est en retard.

FCA apporterait lui une part de marché importante en Amérique du Nord, avec des gros véhicules SUV et pick-up particulièrement rentables, qui ne sont pas le point fort de Renault.